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George Rooke
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Сражение в бухте Киберон

"Лейтенантская проза" отчетов и писем французов после сражения при Кибероне.
Спасибо сайту http://www.infobretagne.com/bataille-belleile-cardinaux.htm

1. из письма маркиза дез Т..., гардемарина на "Форбмидабль"
« Je profite de l'occasion qui part pour transporter les blessés à terre, pour vous dire que mon cousin se porte bien ainsi que moi, ce qui est fort heureux après une affaire aussi vive que celle dans laquelle nous avons été sacrifiés. Je ne puis vous donner aucun détail ici, mais je vous dirai qu'à moins de couler bas (ce qui a pensé nous arriver), on ne peut rien voir d'aussi sanglant et d'aussi meurtrier. Près de 200 hommes tués et 250 blessés, non pas légèrement, mais les trois quarts et demi bras, cuisses, jambes coupés, tant officiers que gardes de la marine. Il y a eu sept de ces derniers tués, un autre la jambe coupée, un autre le bras cassé. Deux officiers de Saintonge tués, deux autres morts de leurs blessures, et un autre prêt à rendre le dernier soupir. 18 coups de canon à tribord, 15 à babord [au dessous de la flottaison], 6 pieds d'eau dans la cale. Notre vergue d'artimon, en tombant, a enfoncé le gaillard d'arrière, le mât d'artimon a été jeté bas après le combat, parce qu'il était percé de part en part en différents endroits, les autres mâts également endommagés, les manoeuvres et les voiles coupées, presque tous nos haubans hachés, nos canons démontés, le feu à bord... En un mot, il est exactement vrai que nous avons essuyé le feu de quinze vaisseaux ennemis, les uns après les autres pendant une heure et demie ; toujours deux vaisseaux par notre travers, tribord et babord, presque vergue à vergue, et toujours l'un qui se relevait de temps en temps en travers dans nos eaux. La roue, la barre et le gouvernail emportés, et pour comble de malheur pillés et volés »

2. Из архивов морского министерства - отчет с "Жуст"

« J'ai l'honneur de vous rendre compte du triste sort du Juste, commandé par M. de Saint-Allouarn, et sur lequel je servais en qualité d'enseigne.

Nous sommes partis de Brest le 14, et le 20 à la pointe du jour, nous avons eu connaissance de six vaisseaux anglais que l'on a signalés. Un moment après, nous en avons encore découvert huit, et ensuite dix-neuf autres. Aussitôt qu'on aperçut les premiers, on les chassa, et quand les derniers furent signalés, M. de Couflans arriva sur quelques-uns de nos vaisseaux qui, en chassant, étaient tombés sous le vent. Dans le même moment, les Anglais tinrent le vent et donnèrent le temps à plusieurs de leurs vaisseaux qui s'étaient dispersés de se rallier au corps de l'armée. Ils se mirent tous sur une ligne, et environ une heure après ils commencèrent à nous donner chasse. Comme nous avions forcé de voiles et pris de l'avance, l'ennemi ne nous joignit que sur les deux heures et demie, moment auquel il nous attaque. Dans le combat, qui dura jusqu'à environ huit heure, M. de Saint-Allouarn reçut une balle dans l'épaule qui le mit hors d'état de continuer à se battre ; dans le même instant, M. de Rosmadec, son frère et son second, fut aussi blessé si dangereusement qu'il en mourut le soir même. M. de Tremigon, notre quatrième lieutenant, et M. de Perier de Crenan, garde de la Marine, furent également blessés. M. de Perier de Montplaisir, troisième lieutenant du vaisseau, qui était destiné à être pendant le combat sur le gaillard d'arrière, prit aussitôt le commandement et continua à tirer en attendant M. du Chatel, notre lieutenant, qu'il envoya sur-le-champ avertir, à la première batterie, de l'accident des capitaines. M. du Chatel se rendit à l'instant sur le gaillard d'arrière, et N. de Perier à un autre poste. Nous continuâmes à nous battre jusqu'au moment où M. le maréchal de Conflans vint se présenter à quatre vaisseaux ennemis qui nous avaient entourés et si fort maltraités par leur feu vif et continuel, qu'ils nous auraient sûrement coulés bas sans lui. Son secours nous mit en état de forcer de voile pour serrer davantage la ligne, mais, nous voyant degréés de toutes pièces et faut à fait hors de combat par le mauvais état de notre gouvernail qui manquait en quatre endroits différents, et sur lequel nous ne pouvions plus compter, nous fûmes obligés de porter au large pour pouvoir, par cette feinte, reporter à terre et aller chercher un mouillage pour nous regréer. Nous gagnâmes la pointe du Poulien (Pouliguen), et y mouillâmes sur la parole de notre pilote-côtier, qui nous assura que nous y serions hors d'insulte. Nous travaillâmes toute la nuit à notre gréement que nous ne pûmes rétablir que fort imparfaitement, et le lendemain, à la pointe du jour, nous mîmes notre petit canot à la mer pour boucher les voies d'eau que nous avions à la flottaison. La crainte que la lumière ne nous fit reconnaître nous avait empêchés de le faire dès le soir même. Cet ouvrage fait, nous voulûmes jeter l'ancre ; mais, nous apercevant en virant que notre câble était prêt à manquer, le même pilote demanda qu'on mit le petit foc dehors pour faire arriver le bâtiment, sans quoi nous courions risque de nous perdre. Il nous fit aussi mettre le petit hunier dehors, et nous coupâmes notre cable dans l'endroit où nous nous étions aperçus qu'il manquait. Notre dessein, en appareillant, était de donner dans Saint-Nazaire, les vents étant bons pour y entrer. Nous avions déjà fait le signal de reconnaissance à la terre, mis le pavillon en berne, et tiré plusieurs coups de canon pour appeler des pilotes du lieu, quand le nôtre, voyant que nous approchions un peu trop de terre, jugea à propos de nous faire mouiller pour attendre le flot ; nous ne l'eûmes pas plutôt fait que l'on s'aperçut que le vaisseau touchait de toutes parts et qu'il était impossible, quelque manoeuvre que nous fissions, de nous retirer, la mer baissant encore de l'endroit où nous étions appelé la Bature-Duvers [Note : La Basse du Vert. — La copie du rapport de l'amiral Hawke, déposée aux Archives de la Chambre de Commerce de Nantes contient la note suivante, qui ajoute accore à l'horreur de ce sombre drame : « L'équipage fit un radeau ; et comme il était impossible de sauver tout le monde, le sieur Dubois, qui le voyait prêt à mettre au large, sauta du bord du vaisseau sur le radeau, et tomba sur la tête d'un matelot qu'il écrasa. Le sieur Perier, brave officier et excellent citoyen, ne voulut pas survivre à la disgrâce à la Marine. Il se banda les yeux de son mouchoir, et se laissa tomber à la renverse dans la mer »], éloigné d'environ deux lieues de la rivière de Saint-Nazaire. Nous mîmes alors tout en œuvre pour soulager et alléger le vaisseau qui était prêt à se briser. Nous fîmes enfoncer toutes les pièces d'eau qui étaient dans le cale, pomper et jeter à la mer nos boulets et mille autres choses. Nous coupâmes le mât d'artimon, mais le tout sans succès. Nous mîmes alors nos deux canots à la mer pour sauver notre monde. Il nous fut impossible d'y mettre la chaloupe, ayant perdu dans le combat les palans qui étaient nécessaires, et n'ayant pas eu le temps de les réparer. Enfin, pour empêcher que la mâture ne fit ouvrir tout à fait le vaisseau, nous coupâmes le grand mât ; mais, voyant que toutes ces précautions étaient inutiles et que le bâtiment se perdait absolument et sans ressource, nous pensâmes tous à nous sauver. MM. de Saint-Allouarn et de Perier se mirent sur le même rats. M. de Saint-Allouarn est mort dans la traversée, et l'on a trouvé dans les poches de M. de Perier, qui est venu expirer à la côte, les instructions qu'on avait données à notre capitaine. J'ai l'honneur de vous les renvoyer, Monseigneur, dans l'état où elles m'ont été remises par son domestique, qui avait fait le trajet avec lui. On n'avait pas encore retiré M. de Perier de dessus le rats, qu'il est venu une lame qui l'a reporté au large. Peur moi, Monseigneur, je me suis jeté sur un rats avec MM. De Kerjan-Moles, Dubois, de Cousier, de Perier de Crenan, lieutenant, enseigne et garde de la marine. Après avoir essuyé plusieurs lames qui nous jetaient sur le vaisseau, il en vint une autre qui chavira le rats et fit manquer la main à mes camarades. Je fus assez heureux, Monseigneur, pour m'y tenir attaché, et après avoir lutté longtemps contre les flots, j'ai eu le bonheur d'arriver à la côte, dans un endroit qu'on nomme la Plaine, tellement épuisé et hors d'haleine que, n'en pouvant plus de lassitude et de fatigue, et manquant absolument de forces, je suis retombé trois fois à la mer. J'y aurais probablement péri sans le secours de M. Denis, capitaine marchand, qui s'est jeté â l'eau et m'a sauvé la vie. Il m'est impossible, Monseigneur, de vous dire le nombre des morts et de ceux qui ont été blessés pendant le combat. Je ne sais pas non plus combien il s'en est sauvé depuis la perte du vaisseau. Il est venu à la côte trois hommes de notre équipage que j'ai fait inhumer, et quelques débris du vaisseau que j'ai fait mettre chez un particulier. J'en ai donné connaissance à M. Bonhomme, commissaire de Paimbœuf, étant forcé de me rendre chez mon père pour réparer mes forces et chercher les secours dont j'ai besoin. Je m'y suis rendu extrêmement épuisé et dans le plus triste état, n'ayant pu sauver du naufrage qu'une veste que j'avais sur moi pendant le combat. Mon premier soin en y arrivant a été, Monseigneur, de vous faire ce long détail qu'il ne m'a pas été possible d'abréger. Je suis obligé de me servir de ce papier, étant dans une campagne hors d'état d'en avoir d'autre »


3. Из письма мессира Муллиня, комиссионера верфей в Нанте, морскому министру:

« ..... Le sieur Barré, chirurgien entretenu, et qui était embarqué sur le Juste, m'a rapporté que ce vaisseau s'était perdu à 3/4 de lieue de la Pierre-Percée, à l'entrée de cette rivière, et qu'il croit qu'il s'en est sauvé environ 150 hommes, dont quelques-uns out déjà paru icy, et auxquels je fais payer une conduite pour s'en retourner chez eux. Qu'on croyait le Bizarre échoué à la même côte (Note : Le Bizarre atteignit Rochefort après avoir couru les plus grands dangers). J'ay chargé MM. Boyard et Chavigny de se transporter à Paimboeuf, et j'ay fait commander à leurs ordres, tous les bâtiments de la rivière pour pouvoir porter le secours possible. N'y ayant point d'argent à la caisse de la marine, j'ay été obligé de prendre des fonds en dépôt pour pourvoir au payement de la conduite des naufragés »

А вот отношение жителей к своим морякам, потерпевшим поражение. Из письма-Гран-Галло, королевского прокурора Бретани

« Monsieur, vous avez vu à vos bureaux, la semaine dernière, les tristes débris du combat, et ensuite du naufrage du vaisseau du roi le Juste, lequel a péri sous mes yeux, malgré toutes mes bonnes intentions et tous mes mouvements. Je n'ai pu sauver qu'une très-petite partie de l'équipage, qui nous a été apportée tout nuds, qu'il a fallu faire loger et vêtir partie par charité, partie aussi en payant. Les habitants qui les ont reçus et logés n'exigent aucun payement. Mais ceux qui ne sont pas en état, et les aubergistes que j'ai obligé de recevoir ces pauvres malheureux et de leur fournir le nécessaire demandent à être payés. Sans doute que le roi, quelque peu satisfait qu'il soit de cette aventure, doit payer leur dépense. C'est dans cette certitude que j'ai l'honneur de vous remettre l'état ci-inclus du montant des dépenses que ces pauvres misérables ont faites, tant dans leurs auberges que chez les habitants qui ne peuvent donner la charité. Il nous en reste encore plusieurs à l'hôpital, qui ne sont pas en état de se mettre en route ; je vous en enverrai la note quand ils sortiront.

« Je dois rendre justice et bon compte du zèle et de l'ardeur avec lesquels tous nos pilotes et matelots se sont portés, à tirer du naufrage ces pauvres malheureux ; et surtout à un maître d'un petit vaisseau du Port-Louis, appelé le dogre la Société, commandé par le sieur Jean-Vincent Huliocq, de Pennerf, évêché et département de Vannes, lequel, seul avec son équipage, a sauvé les trois quarts de ceux qui sont venus icy. M. le maréchal ayant été informé des secours qui ont été donnés, m'a fait dire que j'eusse à vous en rendre compte, afin que vous en informiez le ministre, pour procurer quelque récompense aux personnes qui se sent exposées. Il est très-certain que tous ces gens méritent quelque récompense, mais surtout ce maître du dogre de Pennerf.

Voilà ma commission remplie, je ne doute pas que vous ne fassier tous vos efforts pour procurer quelque récompense. Mais je prévois bien des obstacles au succès de notre entreprise. Quoi qu'il arrive, nous n'aurons rien à nous reprocher ...  Votre très-humble et très-obéissant serviteur, DE GRAN-GALLIOT ».

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